Bien que la version définitive du règlement visant à clarifier et à compléter certaines modifications apportées à la Charte de la langue française en vertu du projet de loi nº 96 ait été publiée en juin 2024, les lois linguistiques du Québec continuent d’être une source de confusion et même de controverse.
Dans l’intention de favoriser l’adaptation des organisations aux modifications législatives, Alexa Translations a créé un carrefour de contenu consacré à la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, qui renferme, entre autres, une série de webinaires mettant en vedette des spécialistes du secteur qui font part d’observations et de conseils importants.
Lors du webinaire du mois dernier, destiné aux juristes d’entreprise, Gary Kalaci, PDG et fondateur d’Alexa Translations, a discuté de la version définitive du règlement avec André de Maurivez, chef des affaires juridiques (Canada) chez Crédit Agricole CIB, Keyvan Nassiry, avocat, services bancaires et financiers chez Nassiry Avocats, François Larose, directeur chez Smart & Biggar LP, et Tania Da Silva, associée chez DLA Piper.
Si vous avez manqué le webinaire, ou si vous avez besoin d’une récapitulation, voici les cinq points clés abordés durant la discussion.
Version définitive du projet de loi nº 96
La Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, anciennement connu sous le nom « projet de loi nº 96 », est la plus récente d’une longue liste de lois sur la langue française au Québec. Rédigée dans le but de préserver le statut du français comme langue première de la province, elle a apporté plus de 200 modifications à la Charte de la langue française.
Le projet de loi a fait l’objet de plusieurs révisions, principalement liées au rôle du français en tant que langue du commerce et des affaires. La version définitive du règlement à cet effet a été publiée le 26 juin 2024.
Selon ce règlement, tout écrit se rapportant à des activités menées au Québec d’une entreprise ayant au moins 50 membres du personnel doit être disponible en français.
Cela comprend les contrats, les documents de formation et toutes les communications internes au sein de l’organisation.
Modifications et précisions : ce qu’il faut savoir
L’une des modifications les plus importantes récemment apportées est l’obligation de fournir les contrats de travail et toute autre communication écrite aux membres du personnel en français en priorité.
Mme Da Silva a indiqué que s’il n’est pas interdit de répondre en anglais à une personne qui communique avec vous en anglais, il vaut la peine de lui proposer de parler en français.
Lorsqu’il s’agit de pourvoir des postes qui nécessitent une connaissance de l’anglais, la pratique exemplaire consiste à vérifier s’il y a une personne anglophone déjà employée au sein de l’organisation qui pourrait convenir. Dans le cas contraire, votre organisation doit procéder à une évaluation pour déterminer si la maîtrise d’une langue autre que le français est réellement une exigence pour le poste en question.
Mme Da Silva a expliqué en outre que toute organisation ayant entre 5 et 49 membres du personnel selon les données du registre des entreprises du Québec doit divulguer le nombre de personnes incapables de communiquer en français.
Pour tout logiciel utilisé en interne, une version française doit être offerte au sein de l’entreprise si elle existe. Dans le cas contraire, l’entreprise n’est pas obligée à en fournir une. En ce qui concerne les sites Web, en revanche, une version française doit toujours être offerte.
Directives plus strictes en matière de conformité : votre organisation est-elle prête?
Si votre organisation compte en moyenne au moins 50 membres du personnel pour une période d’au moins 6 mois, elle doit s’inscrire auprès de l’Office québécois de la langue française (OQLF) et remplir un formulaire d’analyse de la situation linguistique.
Toutefois, à compter du 1er juin 2025, ce nombre passera à 25 membres du personnel.
M. Larose a mentionné en outre que l’exemption pour les marques et les logos ne s’appliquera qu’aux marques déposées. La marque de commerce doit comprendre le nom du produit tel que commercialisé. Tout terme générique ou descriptif du produit doit être traduit en français.
Nouvelles responsabilités des juristes d’entreprise
Dans le cadre de leurs responsabilités en matière de dépôt réglementaire, les juristes d’entreprise doivent s’assurer d’évaluer avec précision le nombre de membres du personnel capables de communiquer en français.
Si le chiffre change, il faut le signaler dès que possible.
La Loi et les règlements connexes entraînent également des répercussions sur les contrats. En effet, tout contrat doit être rédigé exclusivement en français, sauf si les deux parties conviennent d’une autre langue après avoir pris connaissance du contrat d’adhésion.
Mme Da Silva a encouragé fortement les juristes d’entreprise à demander l’aide de l’OQLF vis-à-vis du processus de conformité.
Importance accrue du rôle de l’IA
André de Maurivez a mentionné que de nombreuses organisations se tournent vers des solutions de traduction alimentées par l’IA pouvant être intégrées aux logiciels qu’elles utilisent déjà pour alléger le fardeau supplémentaire de la conformité.
Cependant, il existe des inquiétudes quant à la sécurité de cette pratique et à l’exactitude des traductions qui en résultent, surtout lorsqu’il est question de documents juridiques.
Mme Da Silva a remarqué que si ces solutions facilement accessibles peuvent convenir à la traduction de communications informelles, il serait déconseillé de les utiliser pour des documents juridiques.
Solution de traduction éprouvée pour des textes nuancés : une nécessité
Le groupe d’experts a également mentionné que les organisations les mieux placées pour réussir seront celles qui traduiront vers le français québécois plutôt que le français générique proposé par les solutions de traduction facilement accessibles.
Par exemple, certains mots ont un sens totalement différent en français québécois.
Compte tenu du grand nombre de nouveaux règlements à respecter et des risques associés à leur non-respect, une solution de traduction adaptée aux besoins de votre organisation et à la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français s’impose!
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